Au Liban, le semestre universitaire bouleversé par le mouvement de contestation

Depuis le 17 octobre, le Liban connaît une révolte populaire inédite. Cette Thawra (« révolution ») a pesé sur les étudiants avec la fermeture de l’université Saint-Joseph du 18 octobre au 4 novembre. Alors qu’il arrive encore à l’université de fermer certains jours, les responsables universitaires doivent trouver des solutions pour rattraper les cours manqués et organiser la fin du semestre.

Selon le directeur du master en information et communication de l’USJ, Nasri Messara, l’adaptation aux événements qui perturbent la vie universitaire a été facilité par les groupes Whatsapp avec les étudiants, les professeurs, et également entre étudiants. La déléguée des M1 Ibtihaje Chawki souligne « une superbe collaboration des étudiants ».

Alors que l’université avait officiellement fermé, les étudiants du master ont continué à assister à certains cours au sein de la faculté des sciences humaines. Il a ensuite fallu avancer « au jour le jour » et « décider à la dernière minute de la poursuite des cours », précise Nasri Messara. Certains cours de rattrapages ont ainsi été organisés un samedi, comme ceux de « Photos et vidéos sur Adobe CC » et de « Communication et journalisme télévisé » dispensés par Nasri Messara et par Michel Maiki.Leurs cours commençant généralement à 17h30, des rattrapages sont organisés à partir de 16h.

Les événements ont également donné lieu à d’autres types d’ajustements. Ainsi, le cours de « Blog management et optimization », donné par le blogueur Gino Raidy, très investi dans les manifestations, pourrait être rattrapé non pas à l’université, mais dans un café. Les partiels de fin de semestre initialement prévus du 9 au 20 décembre seront condensés en une seule semaine, du 16 au 20. Les étudiants du M1 seront uniquement évalués sur trois examens finaux, et un examen d’anglais anticipé fin novembre. Les professeurs ont aussi accepté de modifier le coefficient des examens finaux. Initialement, le partiel de fin de semestre devait compter pour 60 % et ne comptera plus que pour 40 %.

« On ne sait pas encore si ça va tenir jusqu’au bout », précise le directeur de master, alors que les rassemblements sont ponctués d’intrusions violentes ces derniers jours.

 

Pauline Weiss