Au Chili, les étudiant·es de l’Université catholique dans l’incertitude

Depuis le 14 octobre, Santiago et tout le Chili est le théâtre d’une crise sociale inédite depuis la fin de la dictature de Pinochet. Dans un contexte de fortes inégalités économiques et sociales, de privatisation et du coût de la vie, l’élément déclencheur fut la hausse du prix du tickets de métro. Les manifestations quotidiennes et les récurrentes violences militaires et civiles compliquent l’organisation de la vie universitaire qui se trouve aujourd’hui bloquée et dans l’incertitude.

Sur fond de manifestation, de couvres-feu, de violences et de rassemblement, l’Université catholique de Santiago est perturbée, doit continuer à accomplir son rôle d’institution pensante, tout en cherchant un moyen de maintenir les enseignements.

L’Université, un lieu de réflexion

Très vite sur les réseaux sociaux, les étudiant·es de l’Université catholique se sont mobilisés et ont voté la grève dans la plupart des facultés. L’assiduité n’étant plus prise en compte, certain·e.s en ont profité pour étudier, d’autres pour manifester, tandis que le programme reste en suspend. L’Université ne reste pour autant pas fermée et organise des discussions ouvertes aux professeur·es, étudiant·es et à toute autre personne intéressée. À la faculté de communication, on s’interroge par exemple du rôle des médias et de celui de la publicité dans le contexte de crise, de la médiation entre communautés, de la désinformation, des modifications de l’espace urbain…

Un avenir incertain

La situation persiste et oblige l’Université à donner des informations au jour le jour à sa communauté. Horaires aménagés, campus et stations de métro fermés en raison des violences… toute la logistique est perturbée, ce qui empêche les professeur·es de faire cours. Chacun·e cherche alors un moyen de finir l’année en préservant au maximum le contenu des programmes : travaux à rendre en ligne, accès ouvert aux cours manquants… Le semestre s’achève cependant après deux mois de classe et le report des élections étudiantes, prévues les 12 et 13 novembre, aux mois d’avril sous réserve d’un relatif retour à la normal, prouve que la vie universitaire n’est pas prête de retrouver son cours de si tôt.